Adage populaire


Malheureux au jeu, heureux en amour.

Bien que je ne crois pas à la destinée  et à la fatalité ; j'ai trouvé, au moins un cas qui illustre et généralise cet adage. C'est celui d'un homme que le physique et la culture handicapaient pour un grand destin. Il avait une vie sentimentale perturbée, son épouse légitime s'affichait dans la presse avec un autre homme. Pendant cette période tout lui réussissait. Il gagne une place importante, il s'octroie de l'argent, il distribue des faveurs à ses riches amis (sur les comptes qu'il est censé gérer). Il est entouré d'artistes populaires. Il est invité par un grand dirigeant américain. Il fait libérer des prisonniers injustement accusés dans un pays du Maghreb. Il aspire des collaborateurs des partis adverses. C'est la baraka.
Et puis il tombe amoureux d'une femme belle, intelligente, distinguée, discrète (elle murmure plus qu'elle ne parle ou chante), une artiste. Alors, patatras, tout s'écroule.
Il n'y a plus d'argent à distribuer.
Ses amis artistes retournent à l'étranger.
Il reçoit en grande pompe un dictateur méditerranéen, lui satisfait tous ses caprices les plus farfelus. Celui-ci rentré au pays lui fait un pied de nez.
On l'accuse d'interventionnisme pour avoir sanctionné un policier qui laisse des hordes sauvages envahir le domaine d'un ami fidèle (qui n'est pas à l'étranger; lui !); d'avoir fait limoger un présentateur qui l'aurait humilié ; d'avoir influencé la « justice » dans une affaire opposant un ex-entrepreneur bonimenteur, ex-ministre, toujours hâbleur et une banque.
On ose lui contester l'achat d'un avion d'occasion.
Il invite un prélat bien connu. Celui-ci lui donne des leçons de laïcité (1) et fustige le divorce et les remariages.
Son modèle économique se désagrège au plan mondial, son ami américain dérive vers le marxisme et nationalise à tour de bras.
Ces collaborateurs disent n'importe quoi, il est obligé de les désavouer et de les tancer régulièrement. Ce qui ne les motive pas au départ (la soupe doit être bonne).
Cet homme n'a pas de chance, comme il a un destin national il entraîne la France dans sa scoumoune. Il faut qu'il se retire vite avant que le pays n'aille de mal en pis.
Septembre 2008

Sa malchance est contagieuse et s'étend au monde entier avec la crise financière.
Octobre 2008

(1) Matthieu XXII, 21 Alors il leur dit: «Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu».
Equivalent à : « On ne mélange pas les torchons et les serviettes »